1 - Organiser un groupe de parole : la technique des « petits papiers »
Cette méthode peut paraître simple mais nous avons pu constater à l'usage à quel point elle s'avère efficace pour enclencher la discussion, favoriser la liberté de parole et prendre conscience que nos difficultés, questions ou vécus résonnent souvent avec le collectif.
Cette pratique nous a été transmise par le collectif Garces.
Conditions
- Gratuité
- Convivialité : amener quelque chose à boire ou manger à partager
- Etre l'abri des écoutes extérieures
- Choisir la mixité qui nous convient (entre femmes et minorités de genre, personnes queer, racisées, personnes partageant une situation particulière : précarité, parentalité, n'ayant pas d'enfants, personnes Sourdes…)
- Groupes de quatre à six personnes, idéalement, on peut aussi se diviser en sous-groupes
- Définir une thématique (en amont ou sur place)
Les 4 règles
- Parler au « je » : c'est la règle la plus importante, il s'agit de parler de soi, de son expérience (pas des autres, ni de ce que nous avions lu ou entendu, ni de donner des conseils...).
- Confidentialité : ce qui se dit dans le groupe de parole reste dans le groupe de parole.
- Circulation de la parole : laisser terminer la personne qui parle avant de prendre la parole, faire attention à ce que chacun·e puisse s'exprimer (sans obligation) et à ce que la parole soit équitablement répartie entre les membres du groupe
- Non jugement : écoute bienveillante, ne pas faire de commentaire sur ce que vient de dire une personne mais plutôt repartir de son expérience à soi.
Les petits papiers
Chaque personne écrit sur un petit papier un témoignage personnel, une histoire de réussite, une question… en rapport au thème.
Remarque : dans les groupes où tout le monde n'a pas accès à l'écriture ou la lecture, on peut demander à certain·es d'écrire pour les autres, on peut aussi remplacer par un tour de parole parlé dans sa langue ou signé en Langue des Signes Française (LSF).
Les papiers sont pliés et mélangés, chaque personne en pioche un et on les lit à voix haute tous à la suite, à tour de rôle, sans interruption. Cela donne une idée des pensées qui traversent le groupe, et permet souvent de voir des ponts entre les différents papiers sans forcément savoir qui a écrit quoi.
- À la fin du tour de lecture des petits papiers, la discussion commence. Une première personne réagit, puis une autre…
- Au bout d'une heure de discussion environ, qui peut être prolongée si besoin, le groupe de parole se termine et on passe à un moment convivial, partage de repas, etc. L'idée est que ça ne soit pas trop long pour ne pas s'épuiser et de laisser les conversations se poursuivre sous un autre format.
Aménagements
Intervenant dans des lieux de vie pour personnes handies où l'écriture peut être un frein, l'association ZEF nous a partagé sa méthode pour les groupes de parole sans passer par l'écrit.
Iels possèdent une panoplie d'images et proposent aux personnes, en début de groupe, de choisir plusieurs images que leur évoque la thématique du jour, et ensuite de faire un tour pour expliquer son choix.
Les images en questions sont sous forme de dessins ou pictogrammes et évoquent des émotions, couleurs (un soleil, une personne isolée, une maison, un éclair, une personne en colère…)
Cela peut aussi être utilisé pour lancer des discussions dans des groupes d'enfants.